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Netflix voit-il déjà d'autres séries interactives après Black Mirror : Bandersnatch ?

Bandersnatch, l’épisode interactif de Black Mirror sorti en cette fin décembre est un pari risqué pour Netflix qui tente ici de concilier une série à succès (qui a déjà un public bien défini et habitué au format actuel) et l’interactivité que permet désormais la technologie.

 

Bandersnatch, né de la discorde

Comme l’avouent très facilement les deux auteurs de Black Mirror, Charlie Brooker et Annabel Jones, à Wired le choix n’a pas été si facilement fait.

Brooker a d’abord refusé en bloc de se lancer dans un tel défi, avant de ne plus pouvoir l’éviter quand, lors d’une séance d’écriture, un premier jet de scénario correspond parfaitement à cette nouvelle dynamique et se plie à la demande de l’interactivité.

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Annabel Jones admet pourtant que ça n’a absolument pas facilité les choses puisque, tout au long de la réalisation de Bandersnatch, les crises se sont succédées comme jamais auparavant au sein de l’équipe.

C’est tout naturellement que Brooker et Jones se sont inspirés des séries de « livre dont vous êtes le héros » qui, pour ceux qui s’en souviennent, nécessitaient un dé, une feuille et un crayon pour pouvoir progresser au fil des pages, des combats et des fins diverses (souvent mourir et recommencer, un peu à la Edge of Tomorrow).

Il existe 5 fins à l'épisode Bandersnatch ainsi qu'une fin easter egg.

 

Les dessous de la réalisation de Bandersnatch

Au-delà de la colonne vertébrale de l’intrigue que peut suivre l’utilisateur s’il décide de laisser Netflix prendre les décisions à sa place (et donc gâchant totalement ce que la réalisation s’est acharnée à mettre en place avec ce pouvoir décisionnel accordé au spectateur), il existe 5 fins alternatives et une bonus contenant un Easter Egg.

Pour pouvoir mettre au point tout le schéma décisionnel qui constitue la multitude d’épisodes possibles, Netflix a d’abord tenté une approche avec Twine, un logiciel dédié à ce genre de créations avec des branches narratives, mais a fini par mettre au point son propre outil de traitement scénaristique nommé Branch Manager, pour gérer toute l’étendue de Bandersnatch.

Un utilisateur Reddit s’est amusé à référencer toute la structure de Bandersnatch et toutes les fins pas moins de 4h après la sortie de l’épisode de Black Mirror. Voici l’infographie qui en résulte :
Balck-Mirror-Bandersnatch-narration-schema.jpg

Vous pouvez consulter l’infographie complète (avec un zoom) ici. Bravo à lui.

 

L’interactivité, l’avenir des séries… et du cinéma ?

Frosties ou Sugar Puffs, telle est la question.

Certains choix ont très vite su agacer un public pas forcément ultra patient, alors que d’autres y ont trouvé une profondeur d’écriture charmante. La presse y va aussi de ses avis divers et variés, l’une complimentant cette prise de risque réussie l’autre réduisant Bandersnatch à un court loisir et une lassitude qui s’installe.

C’est aussi la manière de visionner son épisode et d’entrer en contact avec les personnages qui est complètement différente. Et rares sont ceux qui aiment être bousculés dans un confort qui leur convient. Le mieux est de laisser au spectateur le choix d’un épisode interactif ou non, en effet.

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Cette première tentative pour Black Mirror a tout de même su instiller un nouvel horizon chez Netflix qui place ici la première pierre de ce que beaucoup pensent être un avenir inéluctable pour le cinéma dans sa globalité.

Todd Yellin y voit même un futur peuplé de comédie et de film d’horreur interactifs ou l’on pourrait décider, bien assis dans son canapé, de choisir d’envoyer telle personne avec une autre au bal de promo.

J’ai tout de même un gros souci en tête, notamment concernant les films d’horreur.

Si la liberté va croissante du côté du spectateur, la contrainte grandit aussi du côté de l’écriture, et je vois mal un spectateur totalement libre faire des choix aussi cons que ceux des victimes de films d’horreur.

Il va donc falloir se creuser un peu plus la tête que ça à la réa’ si c’est vraiment le chemin que compte emprunter le cinéma. À bon entendeur.

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Le Maître Yi de la rédac'

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